Eric Kripke, créateur de The Boys, revendique sa satire du trumpisme avant la saison 5. « Dur mais vital », dit-il à Télérama. Dernière salve sur Prime Video.

Eric Kripke n'a jamais caché ses intentions. Dans une interview accordée à Télérama, le créateur de The Boys affirme que rire des violences du trumpisme est « dur mais vital », à l'approche de la cinquième et dernière saison sur Prime Video.
Kripke veut « se moquer de la vision du monde des fascistes ».
The Boys a débarqué sur Prime Video en 2019, adaptée des comics de Garth Ennis et Daric Robertson. Cinq saisons, une note de 8.5/10 sur TMDB et un spin-off (Gen V) plus tard, la série s'est imposée comme la satire politique la plus frontale de la télévision américaine. Eric Kripke, déjà créateur de Supernatural (15 saisons, 2005-2020), a transformé un défouloir gore en charge contre le populisme autoritaire. Le personnage de Homelander, narcissique drapé dans la bannière étoilée, est devenu un miroir à peine déformé du réel. Chaque saison a grimpé d'un cran dans l'allégorie, passant des dérives sécuritaires post-11 septembre à l'assaut du Capitole version superhéros.
Peu de séries grand public osent nommer aussi frontalement leur cible. Dans un paysage où la plupart des shows politiques restent prudemment allégoriques, The Boys force la réaction : rire, malaise, ou les deux à la fois. Que Kripke choisisse de terminer maintenant, plutôt que de diluer son propos sur huit saisons, dit quelque chose de sa discipline. C'est aussi ce qui rend cette dernière salve potentiellement explosive.
Antony Starr, l'interprète de Homelander, était quasi inconnu du public américain au moment du casting. Acteur néo-zélandais repéré pour son travail dans Banshee, il a convaincu l'équipe dès son audition. Kripke a raconté que la salle était restée silencieuse après sa performance, tant elle avait mis tout le monde mal à l'aise — exactement ce qu'il cherchait.
Source : Telerama Series