Avant Denzel Washington et avant Yahya Abdul-Mateen II sur Netflix, John Creasy a eu un visage français en 1987. Retour sur trois versions du même mercenaire.

Avant Denzel Washington en 2004 et avant Yahya Abdul-Mateen II en 2026, John Creasy a déjà eu un visage : celui d'un thriller français des années 80. AlloCine Series rappelle cette filiation au moment où Netflix dégaine sa propre adaptation du personnage né sous la plume du romancier A.J. Quinnell.
Trois versions, près de quatre décennies d'écart. La première sort en 1987 sous la caméra d'un réalisateur français, la deuxième s'impose comme un classique en 2004 avec Denzel Washington dirigé par Tony Scott, et la troisième débarque sur Netflix en 2026 avec Kyle Killen aux commandes. Trois Creasy, trois époques, trois lectures du même mercenaire rongé par la culpabilité.
Là où le film de 2004 enfermait Creasy dans deux heures de violence stylisée, la série Netflix s'étire sur sept épisodes. Yahya Abdul-Mateen II, vu dans Watchmen et Candyman, hérite du rôle face à Billie Boullet (la jeune fille à protéger), Scoot McNairy et Alice Braga. Le pitch reste fidèle : un ex-mercenaire des forces spéciales, ravagé par le stress post-traumatique, tente de se reconstruire avant d'être rattrapé par le feu de l'action.
Le format série change tout. Sept épisodes, c'est le temps de creuser le syndrome post-traumatique, d'épaissir la relation avec l'enfant, de donner du poids à la rédemption. Là où Tony Scott misait sur le montage cut et les flares orange, Kyle Killen, créateur d'Awake et de Lone Star, devrait privilégier la lenteur psychologique. Pari risqué.
La note TMDB plafonne pour l'instant à 6,0/10, et le statut « Returning Series » laisse penser qu'une saison 2 dépendra largement de l'accueil critique des sept premiers épisodes.
Ce que peu de monde sait : la version française de 1987, selon AlloCine Series, est restée largement éclipsée par le remake de Tony Scott. Difficile de la trouver aujourd'hui en streaming, alors qu'elle a précédé Denzel de 17 ans et la série Netflix de 39 ans — une version fantôme, mais pas inexistante.
Reste à savoir si Yahya Abdul-Mateen II saura imposer sa lecture face au souvenir de Denzel. Sa filmographie récente prouve qu'il sait porter un projet sur ses épaules. Mais Creasy appartient désormais à Denzel dans l'imaginaire collectif. Sept épisodes pour le déloger, ça paraît court.
Source : AlloCine Series