Sept ans après son lancement, The Boys est devenue la machine commerciale qu'elle a toujours dénoncée. La série d'Eric Kripke peut-elle encore mordre ?

Sept ans après ses débuts sur Prime Video, The Boys se retrouve face à un paradoxe cruel : la série qui déconstruisait l'industrie des super-héros est devenue elle-même une machine à franchises. C'est la question que pose le Journal du Geek, et elle mérite qu'on s'y arrête.
Créée par Eric Kripke en 2019, la série comptabilise aujourd'hui 4 saisons et 32 épisodes. Un parcours conséquent pour un show qui devait à l'origine être un uppercut punk contre les blockbusters en collants. Avec une note de 8.4/10 sur TMDB et un casting emmené par Karl Urban, Jack Quaid et l'impérial Antony Starr en Homelander, The Boys a largement tenu ses promesses durant ses premières saisons.
Mais le succès a un prix.
Amazon a fait exactement ce que Vought ferait. La série a engendré des spin-offs, du merchandising, une présence marketing omniprésente. Le produit subversif est devenu le produit mainstream qu'il satirisait. Quand tu regardes la saison 4, tu sens le poids d'une production qui doit désormais plaire au plus grand nombre, arrondir certains angles, protéger la marque. Le Billy Butcher des débuts aurait probablement quelque chose à dire là-dessus.
Ce n'est pas forcément une mauvaise chose en soi. Toute série qui dure finit par évoluer, et The Boys garde un niveau d'écriture supérieur à 90% des productions super-héroïques actuelles. Le vrai problème, c'est quand la critique du système devient impossible parce que tu es le système. Difficile de mordre la main qui te nourrit avec un budget de plusieurs dizaines de millions par saison.
Un détail souvent oublié : Antony Starr n'était pas le premier choix pour Homelander. L'acteur néo-zélandais, quasi inconnu du grand public américain à l'époque, a décroché le rôle après un casting marathon. Aujourd'hui, il est la raison principale pour laquelle des millions de spectateurs reviennent chaque saison. Sans lui, la série aurait probablement suivi une trajectoire très différente.
Avec son statut "Returning Series", The Boys n'a pas dit son dernier mot. Mais la question posée par cette réflexion est plus large que la série elle-même : peut-on rester subversif quand on devient un empire ? L'histoire de la pop culture dit que non. Reste à voir si Eric Kripke trouvera le moyen de prouver le contraire pour le final.
Source : Journal du Geek