The Boys revient une dernière fois sur Prime Video. Entre fatigue narrative et satire politique acérée, cette saison 5 divise. Notre avis sans filtre.

Cinq saisons pour en arriver là. Depuis 2019, la série d'Eric Kripke sur Prime Video n'a cessé de tordre le cou aux super-héros et à l'Amérique qui les idolâtre. Avec cette ultime fournée d'épisodes, Homelander et Butcher se retrouvent face à face une dernière fois, dans un affrontement que la série construisait depuis le tout premier épisode. Selon Télérama, le show "peine à renouveler ses enjeux dramatiques" mais frappe juste sur un terrain politique brûlant (source : Telerama Series). Et franchement, c'est un constat qui résume bien le problème structurel de cette dernière ligne droite.
Soyons honnêtes : depuis la saison 3, The Boys rejoue grosso modo la même partition. Homelander pète un câble, Butcher monte un plan foireux, le plan capote, tout le monde saigne. Le schéma était jouissif au début. Il l'est beaucoup moins quand on le voit se répéter pour la quatrième fois.
Ça reste du divertissement efficace, hein.
Mais le problème, c'est que la série semble coincée entre deux ambitions. D'un côté, elle veut être un défouloir gore et satirique — et elle y arrive encore, avec des scènes d'une brutalité absurde qui arrachent des rires nerveux. De l'autre, elle veut raconter quelque chose de sérieux sur la dérive autoritaire, les privations de libertés, la fabrication du consentement par la peur. Et là, quand elle s'y consacre vraiment, elle touche juste. Le souci, c'est qu'elle alterne les deux registres sans toujours trouver le bon dosage.
Ce qui sauve cette saison 5, c'est son ancrage politique. Kripke n'a jamais caché ses intentions — sa version de Homelander est un miroir à peine déformant de certaines figures populistes réelles. Et dans le contexte américain actuel, les épisodes qui racontent comment un pays entier accepte de sacrifier ses libertés fondamentales par loyauté envers un homme fort sont d'une pertinence glaçante. C'est là que la série dépasse le simple spectacle de super-héros pour devenir autre chose, quelque chose de plus inconfortable et de plus nécessaire.
Antony Starr, encore une fois, porte le truc sur ses épaules. Son Homelander est devenu l'un des méchants les plus marquants de la télévision des années 2020 — un narcissique blessé, pathétique et terrifiant à parts égales. Karl Urban, en face, fait le boulot avec une rage fatiguée qui colle bien au personnage d'un Butcher au bout du rouleau.
Est-ce que cette saison finale est à la hauteur des deux premières ? Non. Est-ce qu'elle offre une conclusion satisfaisante à une série qui a redéfini le genre super-héroïque à la télé ? Ça se discute. Mais au moins, The Boys aura eu le mérite de ne jamais jouer la carte du consensus mou.
On peut se demander si Kripke n'aurait pas dû boucler le tout en quatre saisons plutôt que cinq.
Source : Telerama Series