Le nouveau CEO de Paramount David Ellison maintient la vente de Yellowstone à des tiers, comme sous Bakish. Décryptage d'une stratégie qui divise.

David Ellison, nouveau patron de Paramount depuis la fusion avec Skydance l'an dernier, a tranché lundi devant les analystes de Wall Street. Le groupe va continuer à céder les droits de certaines marques fortes à des acheteurs extérieurs, comme l'avait fait son prédécesseur Bob Bakish avec Yellowstone et South Park. Une stratégie qui rendrait selon lui le studio « bien plus désirable » pour les créateurs et showrunners. Si tu attendais que la saga des Dutton revienne dans le giron Paramount+ aux États-Unis, c'est raté : le modèle qui l'a fait sortir n'est pas remis en cause.
Pas de retour en arrière, donc.
Lancée en 2018 sur Paramount Network sous la plume de Taylor Sheridan et John Linson, Yellowstone s'est étalée sur cinq saisons et 53 épisodes avant son point final. La série affiche une note de 8.2/10 sur TMDB et a installé Cole Hauser, Kelly Reilly et Luke Grimes parmi les visages familiers du western moderne. Le paradoxe que peu de spectateurs français connaissent : aux États-Unis, le show n'a jamais atterri sur Paramount+. Les droits de streaming sont chez un acheteur extérieur depuis le deal initial pointé du doigt sous Bakish — un manque à gagner colossal en abonnés pour le service maison.
La position d'Ellison tranche avec le mouvement d'intégration verticale qu'on observe ailleurs. Disney rapatrie tout sur Disney+, Warner verrouille HBO Max, mais Paramount continue d'arbitrer au cas par cas. Pour un Taylor Sheridan qui multiplie les spin-offs et négocie ses prochaines séries comme un studio à part entière, c'est la garantie qu'un projet pourra atterrir là où l'enchère est la plus juteuse.
Le revers est connu : continuer à voir partir des locomotives chez les concurrents fragilise Paramount+, qui peine déjà à imposer son catalogue face à Netflix. Ellison parie qu'attirer les talents pèsera plus lourd, à terme, que retenir chaque pépite. Selon Deadline, c'est exactement la logique que défendait Bob Bakish avant son éviction.
Source : Deadline TV