Ryan Murphy clôt Love Story sur Disney+ avec une série qui creuse bien au-delà du couple JFK Jr-Carolyn Bessette. Derrière la romance, une autre histoire, plus sombre.
Ryan Murphy n'a jamais fait dans la romance facile. Et avec Love Story, qui vient de boucler sa diffusion sur Disney+, il le prouve une fois de plus.
Sur le papier, la série raconte l'histoire d'amour entre John F. Kennedy Jr et Carolyn Bessette — deux figures dont la relation a obsédé l'Amérique des années 90 avant de se fracasser dans les eaux de Martha's Vineyard, le 16 juillet 1999. Un couple glamour, traqué par les paparazzi, écrasé par le poids du nom Kennedy. Tu connais probablement l'image : lui, le fils du président assassiné, sacré "homme le plus sexy du monde" par People en 1988 ; elle, attachée de presse chez Calvin Klein, blonde et magnétique.
Sauf que Murphy ne s'arrête pas là.
Selon Telerama (source : Telerama Series), derrière cette romance de façade se dessine une autre relation, plus intense encore, marquée par la tragédie. Et c'est là que la série devient vraiment intéressante. Murphy a toujours eu ce talent pour creuser sous le vernis, pour aller chercher ce qui gratte. On l'a vu avec The People v. O.J. Simpson, on l'a revu avec Dahmer. L'homme ne fait pas de la reconstitution historique pour décorer — il dissèque.
Franchement, c'est un pari risqué. Toucher aux Kennedy, c'est marcher sur un champ de mines culturel aux États-Unis. Chaque détail sera scruté, chaque licence dramatique sera dénoncée. Mais c'est peut-être justement parce que Murphy assume de raconter autre chose que la version officielle que le projet tient debout. Il ne refait pas un biopic Wikipedia. Il cherche l'angle mort, la douleur qu'on n'a pas vue.
Le problème, c'est que cette approche a ses limites. Quand tu superposes deux histoires d'amour dans une même série, tu cours le risque de diluer l'émotion. De perdre le spectateur entre deux temporalités, deux intensités. Murphy maîtrise la narration chorale, personne ne dira le contraire — mais il a aussi cette tendance à en faire trop, à empiler les couches jusqu'à étouffer son propre sujet. Ses détracteurs le savent bien.
Ce qui reste, après le générique de fin, c'est cette question qui flotte. On a tellement mythifié JFK Jr et Carolyn qu'on a peut-être oublié de les regarder vraiment. De voir ce qui se jouait autour d'eux, dans l'ombre du nom, dans le silence entre deux flashs.
Love Story n'est pas une série parfaite. Mais elle a le mérite de ne pas se contenter de la carte postale.
Source : Telerama Series