Le double épisode de Hacks saison 5 mêle un crossover Amazing Race et un retour vers le passé pour resserrer le lien entre Deborah et sa fille D.J.

HBO Max vient de diffuser un double épisode de Hacks qui frappe fort, selon The Hollywood Reporter TV. La cinquième et dernière saison resserre la focale sur l'héritage de Deborah Vance, et un crossover inattendu avec Amazing Race approfondit son lien avec D.J., sa fille.
Le geste est étrange sur le papier, brillant à l'écran. Glisser une émission de téléréalité grand public dans une comédie HBO acclamée pour son écriture acide, c'est exactement le genre de pari que Lucia Aniello, Paul W. Downs et Jen Statsky prennent depuis 2021. Le trio créateur n'a jamais eu peur des virages tonals.
Et là, ils signent peut-être leur meilleur.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que cette saison 5 n'est pas une saison comme les autres. C'est la dernière. Quarante-sept épisodes auront suffi à Jean Smart pour transformer Deborah Vance en l'un des personnages les plus complexes de la décennie comique. La série a beau afficher une note TMDB modeste de 7,4/10, son influence dépasse largement ses chiffres.
Le double épisode joue cartes sur table. Passé et futur, simultanément. On revient sur ce qui a fait Deborah, et on regarde droit ce qui l'attend après les projecteurs. C'est ce mouvement de balancier qui donne sa puissance émotionnelle au coup de poing en deux temps évoqué par The Hollywood Reporter TV.
Le pari narratif est risqué. Une série qui parle de legacy peut vite tomber dans le sentimentalisme, surtout quand elle approche de sa propre fin. Hacks évite le piège parce qu'elle l'a toujours évité — D.J., interprétée par Kaitlin Olson, n'a jamais été un faire-valoir émotionnel. Sa relation avec sa mère a toujours été l'angle mort de Deborah, celui que ni le succès ni Ava (Hannah Einbinder) ne peuvent combler.
L'utilisation d'Amazing Race comme cadre est plus maline qu'il n'y paraît. La téléréalité de course autour du monde repose sur les binômes mis sous pression. Mère et fille obligées de coopérer, c'est exactement le genre de dispositif qui force les masques à tomber. Hacks transforme un format usé en outil dramatique précis.
Reste la question de l'atterrissage. Une saison finale doit faire deux choses contradictoires : conclure et continuer à exister dans la mémoire du spectateur. Si ce double épisode est un indicateur, Aniello, Downs et Statsky savent où ils vont. Le rythme, la mélancolie qui pointe sans s'imposer, le refus de la facilité émotionnelle : tout indique une série en pleine maîtrise de ses moyens au moment de tirer sa révérence.
Pour les fans de la première heure, c'est exactement ce qu'on espérait sans oser le formuler.
Source : The Hollywood Reporter TV