Après Succession, Sarah Snook fait son retour à la télé dans All Her Fault, un thriller qui assume sa charge sur la culpabilisation des mères.

Sarah Snook refait surface à la télévision. L'actrice tient le premier rôle d'All Her Fault, une minisérie thriller que Telerama décrit comme une charge mordante sur la culpabilisation des mères, et qui « n'a pas peur de flirter avec la misandrie ».
C'est son premier grand projet télé depuis la fin de Succession, la série HBO créée par Jesse Armstrong en 2018 où elle incarnait Siobhan Shiv Roy, héritière acide d'un empire médiatique. Quatre saisons, 39 épisodes, une note TMDB de 8,3/10 : le curseur était placé haut. Tout choix de rôle post-Succession se regarde donc avec loupe.
Le pari d'All Her Fault est clair : ne pas tenter de rejouer Shiv. Miser sur un thriller social, c'est malin. Ça permet à Snook de rester dans la zone de tension dramatique qu'elle maîtrise, tout en s'émancipant d'un univers patriarcal toxique pour porter une parole cette fois féminine. Sur le papier, l'alignement est bon.
Ce qui mérite d'être souligné, c'est la cohérence du geste. Après avoir passé cinq ans à jouer une fille piégée dans la machine d'un père-patron, Snook enchaîne avec un récit qui retourne l'objectif vers les mères et vers la société qui les juge. Le fil rouge est moins celui d'une carrière opportuniste que celui d'une actrice qui choisit ses combats. Là où beaucoup d''actrices post-prestige enchaînent blockbusters faciles et rôles alimentaires, ce positionnement détonne.
Détail souvent sous-estimé : aux côtés de Snook, Succession reposait sur un carré masculin — Jeremy Strong, Kieran Culkin, Brian Cox et Matthew Macfadyen. Elle y était l'unique femme du casting principal. All Her Fault la place enfin dans une fiction où ce rapport de force s'inverse.
Reste à voir si l'écriture tient la distance. Un thriller qui assume la misandrie peut verser dans le manifeste ou tomber à plat. Avec Snook en centre de gravité, tu sais au moins que le jeu tiendra.
Source : Telerama Series